Tous les fumeurs, et même certains non fumeurs ont été au moins une fois confrontés à quelqu’un leur demandant une cigarette, plus ou moins gentiment, avec plus ou moins d’insistance…

La tendance au taxage compulsif et chronique de clopes ne fait d’ailleurs qu’empirer, notamment depuis les augmentations successives du prix du tabac, le rendant hors de prix. La solution pour les taxeurs : ben ouais, taxer les autres, ceux qui achètent quand même.

Le taxeur est un être souvent malin, présent dans tous les milieux, se cachant aussi bien au coin du bureau de tabac que devant les terrasses des bars, devant les écoles, au bureau, dans les boites de nuits, autour des terrains de sport… Ils se multiplient et se reproduisent les uns les autres, comme se contaminant au contact d’un autre taxeur. Leur population devient donc aujourd’hui très dense, et il est très difficile de tous les recenser, tellement ils se fondent dans la masse.

Leurs techniques d’approche et de tentative de taxage varient peu, l’énorme différence se situant surtout entre les taxeurs connus [comprenez ceux que vous connaissez, amis, collègues etc...] et ceux que vous ne connaissez pas. Parmi les plus connus et les plus récurrentes, vous pouvez vous attendre à :

Quand vous connaissez le taxeur :

  • Rah j’ai oublié mes clopes à la maison, tu ne veux pas me dépanner ? J’te rends tout c’que je t’ai volé emprunté demain.
  • Arf, j’ai finis mon paquet tout à l’heure, j’suis en rade, tu peux me dépanner de 2 ou 3 clopes pour que je finisse la journée ? Promis demain je t’achète un paquet.
  • Tu payes ta clope ? [ça, ça arrive souvent autour d'un café, ambiance décontractée, c'est lâché comme ça, sur le ton limite de la plaisanterie, et ça marche souvent au grand damne des fumeurs non taxeurs].

Quand vous ne connaissez pas le taxeur :

  • T’as pas un clopes steuplait ? [pas de bonjour ni merde ni rien, le steuplait lui écorche la gorge quand il pense à le dire, souvent sur un ton limite agressif]
  • Bonjour Madame/Monsieur, vous n’auriez pas une cigarette s’il vous plait ? [là, le taxeur tente l'extrême politesse, comme pour justifier d'avance son comportement de taxeur].
  • Excusez-moi, Madame-Monsieur, puis-je vous acheter une cigarette ? [ceux-là, méfiance, la technique est connue, ils vous proposent de vous l'acheter, sachant très bien que vous ne prendrez pas leur argent, et de toute façon ils ne vous auraient rien donné...].

Et bien sur, dans tous ces cas, on se retrouve souvent embarrassé puisqu’on a qu’une envie, les envoyer bouler, mais on ne sait pas vraiment comment s’y prendre. Il y a plusieurs techniques, à savoir que ça ne marche pas toujours, car vous pouvez tomber sur quelqu’un d’insistant, voire agressif, ou sur un ami que vous ne voulez pas vexer. Je vous en liste quelques unes, à vous de choisir, de mettre en application -  ou pas.

  1. Dire qu’on ne fume pas [marche pas si vous avez la clope au bec ou le paquet à la main].
  2. Dire gentiment NON ou NON désolé(e).
  3. Envoyer bouler sévèrement : « fais comme moi, achète toi un paquet ! » ou « je ne suis pas un bureau de tabac ! » ou « y’a pas marqué la poste là »…
  4. Prétexter ne plus en avoir, ou très peu [le coup du 2ème paquet de cigarettes toujours sur vous avec une seule clope dedans marche pas trop mal].
  5. Avoir un paquet de mentolées ou de gitanes maïs dans le sac, et le sortir quand on vous taxe fait fuir à 99% sur.
  6. Si c’est un collègue de bureau, lui demander ce qu’il fait de son salaire et pourquoi cela serait à vous de lui payer ses clopes [j'ai fait une fois, le lendemain, le taxeur qui m'avait déjà taxé des dizaines de fois, s'est ramené avec un paquet de marlboro pour moi... faut dire aussi que je lui avais demandé s'il trouvé ça normal, en tant que salarié, de taxer tous les jours une stagiaire à 400€/mois].
  7. Expliquer que oui, vous aimeriez pouvoir, mais que non, vous vous saignez déjà pour votre addiction, et que nous ne pouvez subventionner celle des autres.
  8. Ne rien dire et tracer sa route.
  9. Si vous avez la clope au bec, dire que vous venez juste de la taxer.
  10. Toujours si vous avez la clope au bec, vous vous mettez à tousser en postillonnant à mort, et vous proposez celle que vous avez dans la main. Vous pouvez même rajouté que vous avez choppé une merde contagieuse…
  11. Si c’est un ami, lui expliquer simplement que son taxage à répétition commence à peser. La franchise dans l’amitié devrait primer. Sinon, c’est que ce n’était pas un ami.
  12. Rétorquer « ben j’allais justement de demander la même chose, t’aurais pas une clope ? » [le taxeur ne s'y attend pas lol].
  13. Je ne peux pas te la donner, je galère pour me les payer, mais je te la vends 50cts [bien plus chère que son prix, mais ça fait fuir, déjà testé et approuvé].

Ma liste n’est pas exhaustive, mais ça devrait cependant vous donner quelques idées pour essayer de passer à travers les mailles du filet des taxeurs. Pas toujours facile, je sais bien… Et encore moins quand on est confronté à l’agressivité des inconnus dans la rue qui sont prêts à vous étriper pour vous piquer le malheureux paquet de cigarettes que vous avez dans la poche… Le taxage de clope est devenu un véritable racket malheureusement :/

Enfin, quelques conseils pratiques pour éviter de se faire taxer : fumez les moins possible dans la rue, d’autant plus quand vous êtes une fille et que vous êtes seules. Évitez en général de fumer dans les endroits publics (terrasses, boites, …). Si vous le faîtes, ne laissez pas à la vue de tout le monde vos clopes et votre briquet, au moins vous pourrez rétorquer que vous avez taxé ou autre. Ne soyez pas trop généreux avec les collègues amis et autres, ils en prennent l’habitude. Une fois, deux fois, puis à la 3ème vous faîtes une petite réflexion pour faire comprendre le message, ça stop souvent net le taxage compulsif. Enfin, évitez vous-mêmes de taxer les autres, sinon pourquoi refuseriez-vous qu’on vous taxe ?

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