Films du moment #2
2 août 2010Naissance des pieuvres
L’été quand on a 15 ans. Rien à faire si ce n’est regarder le plafond. Elles sont trois : Marie, Anne, Floriane. Dans le secret des vestiaires leurs destins se croisent et le désir surgit. Si les premières fois sont inoubliables c’est parce qu’elles n’ont pas de lois…
Réalisé par Céline Sciamma (sortie ciné en août 2007), le film nous raconte l’adolescence au féminin, les découvertes que peuvent faire les jeunes filles, les premiers amoureux, la première fois, et la découverte, aussi, de l’homosexualité, ou en tout cas, la découverte qu’on peut aimer, aussi, des personnes du même sexe.
Entre la fille un peu grosse, amoureuse d’un des plus beaux garçons, et qui n’arrivent pas à le séduire dans un premier temps… Et la fille, un peu timide et introvertie, jolie mais qui ne s’en rend pas vraiment compte… Et enfin, la fille ayant l’image de dévergondée, courant et couchant avec tous les garçons, nous voilà en présence de portraits féminin pouvant recouvrir la majorité de la palette des filles de 12-15ans.
Elles avancent, découvrent et se découvrent aux spectateurs. Elles mettent le doigt sur leurs peurs, fantasmes, envies, besoins, aussi. Sujet traité avec beaucoup de délicatesse, sans entrer dans les clichés ou les déformations que peut porter l’œil adulte sur tout ça.
La réalisatrice du film (dont c’était la 1ère œuvre), a bien fait son job. Quant aux 3 actrices, leur jeu sonne juste, elles arrivent à transmettre leurs émotions, leur ressenti.
Ma vie pour la tienne
L’histoire d’une famille, déchirée par la maladie d’une des 3 enfants, Kate, la plus grande des trois. Atteinte d’une leucémie, la jeune fille lutte contre la mort depuis sa plus tendre enfance…
Réalisé par Nick Cassavetes (sortie ciné en septembre 2009), le film débute sur les interrogations d’une jeune fille, qui se demande de quel droit ses parents, et les médecins, l’ont fait naitre pour soigner, guérir, aider sa sœur. De quel droit ceux-ci lui font subir des piqures, ponctions, et autres tortures médicales dans le but de soulager sa sœur ainée. De quel droit peut-on fait subir cela à une enfant, sans lui en demander la permission. De quel droit peut-on faire venir au monde en enfant, dans le but d’en sauver un autre. Comme si l’un des deux était plus important, comme si l’un des deux n’était qu’un médicament.
L’immersion dans le film est donc rapide, vive, et frappante. S’en suivent des flash back, sur l’histoire de cette famille, déchirée, malmenée, dont la priorité est clairement axée sur la fille ainée, malade. On découvre leur quotidien au fil du temps, les moments joyeux, les moments difficiles.
Mais voilà que l’enfant médicament se révolte, et confie son histoire à un avocat, pour lui demander son émancipation médicale, afin que ses parents ne puissent plus lui faire subir de traitement, de tortures, et pire, l’ablation de l’un de ses reins, pour qu’il soit greffé sur sa sœur. On découvre la réaction de ses parents, et surtout de sa mère, qui, ancienne avocate, reprend du service, pour obtenir gain de cause, et contraindre sa fille médicament à sauver son autre fille.
Un film magnifique…
La rafle
En tant que passionnée d’histoire contemporaine, et plus particulièrement ce qui touche à la seconde guerre mondiale, je ne pouvais pas passée à côté de ce film.
Qui n’a jamais entendu parlé de l’histoire de la rafle du vel d’hiv, même sans trop savoir de quoi il s’agissait ? Qui n’a jamais entendu parler de la collaboration française, qui livrait des juifs aux allemands ?
Voilà ce que nous raconte ce film, réalisé par Roselyne Bosch, et sorti cette année au cinéma. Il nous montre le destin de familles juives, raflées en plein paris, au milieu de la nuit, et enfermées comme des chiens, dans le Vélodrome d’hiver, avant d’être conduites directement à la mort.
Hommes, femmes, enfants, vieillards… 13000 personnes seront raflées. Moins de 30 personnes survivront.
C’est l’histoire de l’horreur de la guerre donc, de la folie des hommes, de la lâcheté des français. Une partie sombre de notre histoire, dont aujourd’hui, devant l’écran, nous pouvons nous sentir responsable. Mais le film nous parle aussi, discrètement, de parisiens, qui ont risqué leur vie ce jour là, en sauvant près de 10000 juifs de cette rafle, en les cachant chez eux.
Je ne jugerai pas le film, sa réalisation, ses acteurs… J’encouragerai juste à le voir, non pas pour le divertissement, mais pour, un peu, le temps d’une heure trente, découvrir un peu, le triste sort de ces Jude, tant haïs, pour une histoire de religion.
The cove – La baie de la honte
Je ne m’intéresse, en général, pas spécialement aux documentaires animaliers. Jusqu’à ce qu’un soir, je tombe sur une émission, faisant la promo de ce film documentaire, sur le massacre des dauphins, et surtout, sur les immenses efforts que font les autorités japonaises pour cacher cela au reste du monde.
L’affiche du film est parlante… Car ce n’est plus un massacre, mais une véritable boucherie. Où l’eau de la mer n’est plus bleue, mais rouge, rouge vif. Ecoeurant, révoltant, coupant le souffle, tout ce sang qui jaillit, ces pauvres bêtes, à l’agonie, mourantes.
Et puis il y a le reste, les risques pris, pour essayer de filmer, d’enregistrer, ce massacre organisé. Les stratagèmes, pour poser des caméras, cachées dans des rochers, des micros sous l’eau, pour entendre les dauphins hurler à la mort.
Et la colère, aussi, de ces japonais, qui essayent de défendre leur horrible secret, la colère, la haine de ces pêcheurs, meurtriers bouchers. C’est à gerber. Vraiment.
Je ne suis pas une engagée pour la sauvegarde des animaux ni rien que ce soit de ce style.
Mais je suis restée sans voix, devant les images finales.
Un regret, une narration plutôt égocentrique…
A voir donc – ou pas.



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